Dimanche, le Palais des Sports de Marseille a vécu une secousse artistique. Le Mondial du Breaking, troisième du nom, a fait exploser les compteurs et les clichés. À guichets fermés, l’événement a réuni les meilleurs danseurs de la planète dans une arène survoltée, où le crew Formless Corp a une nouvelle fois imposé sa loi.





Photos : Mondial du Breaking/John Toff/Diane Perichaud/DR
Un volcan urbain au cœur de Marseille
Dès les premières heures, l’ambiance était électrique. Le Palais des Sports affichait complet, les gradins débordaient, les cris fusaient, les corps vibraient. Ce n’était pas un simple événement, c’était une cérémonie. Le Mondial du Breaking, devenu en trois éditions un rendez-vous incontournable, parrainé par la Ville de Marseille, la région grand Sud et le département du 13 Metropole a offert bien plus qu’un spectacle. Il a donné une scène à une culture, un souffle à une génération, une voix à ceux qui dansent pour exister.
Un après-midi de feu, des écoles en lumière
Dès les premières heures, le Palais des Sports vibrait comme un cœur battant. Les gradins étaient pleins, les sourires aussi. Tout au long de l’après-midi, les écoles de danse de la région ont offert des spectacles généreux, pleins de vie et de sincérité. Une manière de dire : “Nous sommes là, et nous avons du talent.” “Je voulais réunir toutes les danses. On est un vivier fort mais il y avait une carence d’événementiel”, confie Fathi Benjilali coorganisateur, visiblement ému devant l’ampleur de la fête. Et cette fête, elle a pris feu dès que les battles ont commencé.





Photos : Mondial du Breaking/John Toff/Diane Perichaud/DR
Des battles comme des uppercuts poétiques
Trois catégories, trois manières de faire parler le sol : le 2vs2 Bboy, le 1vs1 Bgirl, et les Kids. Chaque passage était un cri, une déclaration, une prise de pouvoir. Les danseurs venus du monde entier ont offert des performances à couper le souffle. Rotations, freezes, musicalité chirurgicale, tout y était. Un membre du jury, le dit sans détour : “Je suis sensible à la musicalité, à la prise de risque. Mais surtout, à ce que ça me fait ressentir.” Et ce dimanche, tout le monde a ressenti. Fort.








Photos : Mondial du Breaking/John Toff/Diane Perichaud/DR
Formless Corp, la constellation qui ne faiblit pas
Dans une finale haletante, le duo Alvin (Venezuela) et Grom (Russie) a affronté les breakeurs français Dee et Ankif. Marseille retenait son souffle. Les B-boys Dee et Ankif ont dansé comme on défend une terre, avec rage et élégance. “À Marseille, on ne breake pas comme à Paris”, rappellent-ils. Et c’est vrai. Leur style est brut, sincère, imprévisible. Mais Formless Gorp, en face, a une nouvelle fois décroché la victoire. Une constellation qui ne faiblit pas, qui brille sans arrogance, qui inspire sans écraser.
Le Mondial du Breaking, miroir d’une époque
Ce n’est pas qu’un tournoi. C’est un manifeste. Le Mondial du Breaking montre que la danse est un langage universel, un outil de résistance, un vecteur de joie. À Marseille, ce dimanche, les corps ont parlé. Et ce qu’ils ont dit, c’est que l’art urbain est vivant, puissant, et qu’il n’a besoin de personne pour exister. ”Un nouveau chapitre se tourne” selon Mohand Zenasni corganisateur. Mais au-delà des battles, c’est toute une ville qui a vibré au rythme du hip-hop, entre fierté locale et communion mondiale.













Photos : Mondial du Breaking/John Toff/Diane Perichaud/DR





