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Rolland Courbis, le dernier coup de gueule du foot français

Il parlait fort, il vivait fort, il aimait fort. Rolland Courbis n’est plus, et avec lui s’éteint une certaine idée du football français, celle où l’on mélangeait l’accent, la tchatche, la débrouille, le panache et un amour immense du jeu. À 72 ans, le Marseillais laisse derrière lui une trace indélébile, comme une ligne de touche qu’on n’effacera jamais vraiment.

Photos : SM Caen/Icon Sport/OM/Getty Images/RC Lens/Stade Rennais/MHSC/Girondins de Bordeaux/RMC/DR

Un gosse des quartiers nord devenu champion

Rolland Courbis, c’était d’abord un gamin des quartiers nord de Marseille, un môme qui rêvait ballon avant même de savoir écrire son nom. Il avait commencé à taper dans la balle à l’US Police, un club modeste où l’on apprenait surtout à se faire respecter. Très vite, l’OM le repère. À 16 ans, il se retrouve propulsé chez les pros, un peu intimidé mais déjà sûr de lui, comme s’il avait toujours su que sa vie serait là, sur la pelouse. Défenseur rugueux, malin, jamais impressionné, il devient champion de France en 1972 avec son club de cœur. Puis Sochaux, puis Monaco, où il décroche deux autres titres. Trois championnats, une carrière solide, une réputation de joueur fiable, respecté, parfois redouté. Et toujours cette voix, ce débit, cette façon de raconter le foot comme une histoire de famille.

Le coach qui galvanisait les foules

Quand il passe de l’autre côté de la ligne blanche, Roland Courbis ne change pas vraiment. Il garde son franc-parler, son instinct, son goût pour les vestiaires qui sentent la sueur et la poudre. Toulon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier… et bien sûr Marseille, encore et toujours. À l’OM, il devient une figure. Un chef de bande. Un conteur. Un motivateur hors norme. On se souvient de cette soirée d’août 1998, un OM mené 4 à 0 à la pause contre Montpellier. Dans le couloir, il lâche à Louis Nicollin, mi-sérieux mi-provocateur : Je pense qu’on va gagner 5 à 4. Et l’OM gagne 5 à 4. Qui d’autre que lui pouvait oser ça, et surtout y croire assez pour le dire ? En 1999, il emmène Marseille en finale de Coupe UEFA. Une épopée qui reste gravée dans la mémoire des supporters, comme un parfum de folie douce, de football incandescent.

Photos : SM Caen/Icon Sport/OM/Getty Images/RC Lens/Stade Rennais/MHSC/Girondins de Bordeaux/RMC/DR

L’homme qui a donné un surnom à une légende

Roland Courbis avait un talent rare : il savait voir les hommes derrière les joueurs. C’est lui qui, un jour, en regardant un jeune milieu de terrain timide venu de Cannes, lâche un surnom qui deviendra mythique : Zizou. Un diminutif lancé par affection, presque par hasard. Il ne savait pas encore qu’il venait de baptiser une légende. Il avait fait venir Zidane à Bordeaux. Il avait senti le joueur avant tout le monde. C’était ça, Roland Courbis : un flair, une intuition, une manière de lire les gens comme on lit un match.

Une voix qui résonnera longtemps

À partir de 2005, il devient consultant. Et là encore, il marque son époque. Sur RMC, puis sur L’Équipe du Soir, il impose son style : direct, drôle, imagé, parfois excessif, toujours vivant. On n’écoutait pas Courbis pour être d’accord avec lui. On l’écoutait parce qu’il racontait le football comme personne. Son accent chantait Marseille. Sa gouaille claquait comme un tacle appuyé. Ses analyses ressemblaient à des histoires qu’on raconte au comptoir, tard le soir, quand les lumières du stade sont déjà éteintes.

Les ombres, les tempêtes, et la force de revenir

Roland Courbis n’a pas eu une vie lisse. Il a connu les affaires, les condamnations, les erreurs. Il a payé, il a chuté, il a rebondi. Toujours. Parce qu’il avait cette énergie brute, cette passion qui ne s’éteignait jamais vraiment. Parce qu’il savait que le football, comme la vie, se joue aussi dans les moments difficiles.

Un vide immense

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages affluent. Clubs, joueurs, supporters, journalistes. Tous saluent un homme qui aura marqué plusieurs générations. Un entraîneur capable de sublimer ses équipes. Un conteur qui transformait chaque match en récit.

Un personnage haut en couleur,

Parfois déroutant, souvent brillant, toujours authentique. Rolland Courbis laisse derrière lui plus qu’une carrière. Il laisse une présence. Une voix. Une manière d’être. Une façon de vivre le football qui manque déjà terriblement. Il s’est éteint à cinq heures du matin. Mais quelque part, dans un stade imaginaire où les tribunes ne dorment jamais, on doit encore l’entendre lancer une dernière tirade, un dernier sourire dans la voix, un dernier coup de gueule tendre. Et Marseille, ce matin, a perdu un peu de son accent.

Photos : Aline Chatel/Icon Sport/Olympique de Marseille/Getty Images/Rc Lens/Stade Rennais/MHSC/Girondins de Bordeaux/Rmc/DR

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